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Maladies chroniques

Ramadan 2027 et maladie chronique : jeûner en sécurité

Diabète, tension, cœur, reins, grossesse : préparer le Ramadan avec votre médecin, adapter vos traitements et savoir quand rompre le jeûne.

4 octobre 20264 min de lectureDr. Selim Zenginramadan · diabete · maladie-chronique

Pour de nombreuses familles d'Anderlecht et de Bruxelles, le Ramadan est un moment important. Avec un diabète de type 2, une hypertension, une maladie du cœur ou des reins, ou pendant une grossesse, le jeûne se prépare avec votre médecin.

L'islam prévoit des exemptions pour les personnes malades. La décision de jeûner est personnelle : elle se prend avec votre médecin et, si vous le souhaitez, avec une autorité religieuse de confiance.

Se préparer dès la mi-décembre 2026

Le Ramadan 2027 devrait commencer autour du 8 février 2027 (calendrier de la Diyanet) ; la date exacte dépend de l'observation de la lune et peut varier d'un jour selon les communautés. Les recommandations IDF-DAR et la Diabetes Liga conseillent une consultation 6 à 8 semaines avant, soit entre la mi-décembre et la fin décembre 2026, pour évaluer votre risque, adapter vos médicaments et planifier repas, hydratation et surveillance.

Diabète : connaître votre niveau de risque

Le score IDF-DAR (2021, mis à jour en 2026) additionne des points liés au diabète, au traitement, aux hypoglycémies, aux complications et à la fragilité. Trois catégories :

  • Risque faible (0 à 3 points) : jeûne en général possible, avec bilan médical, adaptation du traitement et surveillance.
  • Risque modéré (3,5 à 6 points) : sécurité incertaine ; si vous jeûnez, surveillance stricte et ajustements médicaux.
  • Risque élevé (plus de 6 points) : jeûne déconseillé sur avis médical, par exemple en cas d'hypoglycémies non ressenties, de maladie cardiovasculaire instable, d'insuffisance rénale sévère, de fragilité avancée ou de diabète pendant la grossesse.

Diabète : quand rompre le jeûne

Signes d'hypoglycémie : tremblements, sueurs, palpitations, faim, confusion. Signes d'hyperglycémie : soif intense, urines fréquentes, fatigue, nausées. Selon l'IDF-DAR, rompez le jeûne immédiatement si :

  • votre glycémie est inférieure à 70 mg/dL (3,9 mmol/L) ; entre 70 et 90 mg/dL (3,9 à 5,0 mmol/L), recontrôlez-la dans l'heure ;
  • votre glycémie dépasse 300 mg/dL (environ 16,7 mmol/L) ;
  • vous avez des signes d'hypo- ou d'hyperglycémie, de déshydratation ou une maladie aiguë (fièvre, vomissements, diarrhée).

En cas d'hypoglycémie, prenez un sucre rapide (un petit verre de jus) et recontrôlez après 15 à 20 minutes. Selon l'IDF-DAR, la mesure de la glycémie au bout du doigt et l'injection d'insuline ne rompent pas le jeûne.

Diabète : adapter les médicaments avec le médecin

Ne modifiez jamais seul vos doses ou vos horaires. Principes généraux :

  • Sulfamidés (gliclazide, glimépiride…) et insuline : risque d'hypoglycémie en journée ; dose et horaire souvent à adapter.
  • Metformine : la dose change peu, ce sont surtout les horaires qui changent (iftar, suhoor).
  • Inhibiteurs SGLT2 (dapagliflozine, empagliflozine…) : risque de déshydratation ; on évite de les commencer dans le mois qui précède le Ramadan ou pendant celui-ci. Ne les arrêtez pas sans avis médical et consultez en cas de nausées, vomissements ou douleurs au ventre.

Tension artérielle, cœur et reins

Certains médicaments du cœur et de la tension doivent être pris à heures régulières ; votre médecin peut adapter leur schéma. Les diurétiques peuvent favoriser la déshydratation et l'atteinte rénale : dose et horaire à discuter avec lui. N'arrêtez aucun traitement sans avis médical. Mesurez votre tension à domicile si vous avez un tensiomètre, limitez le sel, qui donne soif, et buvez régulièrement entre l'iftar et le suhoor, sauf limitation prescrite.

Rompez le jeûne et contactez votre médecin en cas d'essoufflement, de chevilles gonflées, de vertiges ou de palpitations ; en cas de douleur thoracique, appelez le 112. Le jeûne est généralement déconseillé après un infarctus, un AVC ou une intervention cardiaque récents, en cas d'insuffisance cardiaque sévère, d'insuffisance rénale avancée ou de dialyse.

Grossesse et allaitement

Les femmes enceintes ou qui allaitent sont exemptées et ont le droit de ne pas jeûner, avec ou sans diabète. Le diabète pendant la grossesse est classé à haut risque. La décision se prend avec votre médecin, gynécologue ou sage-femme. Si vous jeûnez, rompez le jeûne en cas de malaise, de glycémie sous 70 mg/dL ou si votre bébé bouge moins.

Conseils pratiques

  • Suhoor : aussi tard que possible avant l'aube, avec des glucides complexes (pain complet, avoine, légumineuses) et des protéines.
  • Iftar : de l'eau et une à trois dattes, puis un repas équilibré, riche en légumes.
  • Boissons : de l'eau régulièrement entre l'iftar et le suhoor ; évitez les boissons sucrées, limitez café, thé et colas.
  • Fritures et desserts sucrés : à limiter.
  • Activité physique : maintenez votre activité habituelle (marche, prières de tarawih), sans effort intense dans les heures avant l'iftar.
  • Surveillance : mesurez votre glycémie selon votre plan et dès que vous vous sentez mal.

Après le Ramadan et quand appeler

Une consultation après le Ramadan permet de réajuster le traitement. En cas d'urgence vitale (perte de connaissance, difficulté à respirer, douleur thoracique), appelez le 112. Pour toute autre question, contactez la maison médicale.

À la Maison Médicale Parc Astrid, cette préparation est possible en français, en néerlandais, en anglais, en turc et en arabe.

Sources

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