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Prévention

Cholestérol LDL : lire son bilan et réduire son risque

Cholestérol LDL : ce que mesure votre bilan, pourquoi la cible dépend de votre risque SCORE2, hygiène de vie, statines et effet nocebo.

27 octobre 20266 min de lectureDr. Selim Zengincholesterol · ldl · score2

Un résultat à interpréter selon votre risque

En excès, le cholestérol se dépose dans les artères et favorise l'infarctus et l'accident vasculaire cérébral (AVC). En Belgique, 47 % des adultes ont un cholestérol total au-dessus de 190 mg/dL, et seule une personne sur trois ayant un taux élevé le sait (Sciensano, 2018). Mais un même résultat n'a pas le même sens pour tous : tout dépend de votre risque global.

Ce que mesure un bilan lipidique

  • Cholestérol total : tout le cholestérol du sang.
  • LDL-cholestérol (« mauvais cholestérol ») : celui qui se dépose dans les artères ; c'est la cible principale du traitement.
  • HDL-cholestérol (« bon cholestérol ») : il entre dans le calcul du risque.
  • Triglycérides : d'autres graisses, sensibles au sucre, à l'alcool et au poids.
  • Cholestérol non-HDL (total moins HDL) : toutes les particules qui abîment les artères ; c'est la valeur utilisée par SCORE2.
  • Lipoprotéine(a) ou Lp(a) : une particule proche du LDL, fixée à plus de 90 % par la génétique. Les recommandations ESC/EAS proposent de la doser au moins une fois à l'âge adulte. Au-dessus de 50 mg/dL (105 nmol/L), elle augmente le risque.

Être à jeun n'est généralement pas indispensable ; suivez la consigne reçue. À Anderlecht, la prise de sang peut se faire au cabinet ou à domicile avec notre équipe de soins infirmiers.

Pourquoi il n'y a pas de « norme » unique

Chaque baisse du LDL de 1 mmol/L (environ 39 mg/dL) réduit d'environ 22 % les accidents cardiovasculaires majeurs sur 5 ans. Le gain dépend donc du risque de départ : selon la mise à jour européenne de 2025, la même baisse fait passer un risque de 20 % à 16 %, mais un risque de 10 % seulement à 8 %. Plus le risque est élevé, plus la cible est basse.

Sans maladie cardiovasculaire connue, ce risque s'estime avec SCORE2 (40 à 69 ans) ou SCORE2-OP (70 à 89 ans) : probabilité d'infarctus, d'AVC ou de décès cardiovasculaire à 10 ans, selon l'âge, le sexe, le tabac, la tension et le cholestérol non-HDL. La Belgique utilise la version calibrée pour les « pays à faible risque ». Estimez-le avec notre outil SCORE2, puis parlez-en à votre médecin. SCORE2 ne s'applique pas en cas de maladie cardiovasculaire, diabète, maladie rénale chronique, hypercholestérolémie familiale ou traitement anticholestérol en cours.

Catégories de risque et cibles de LDL

La mise à jour ciblée ESC/EAS de 2025 définit les catégories avec SCORE2, mais les cibles de 2019 n'ont pas changé :

  • Risque très élevé (infarctus, AVC, artérite, stent ou pontage, plaque importante à l'imagerie, diabète avec atteinte d'organe, insuffisance rénale sévère, SCORE2 de 20 % ou plus) : LDL sous 55 mg/dL et baisse d'au moins 50 %. Après une récidive en moins de deux ans, une cible sous 40 mg/dL peut être envisagée.
  • Risque élevé (LDL au-dessus de 190 mg/dL, hypercholestérolémie familiale seule, diabète depuis 10 ans ou plus, insuffisance rénale modérée, SCORE2 de 10 à 20 %) : LDL sous 70 mg/dL et baisse d'au moins 50 %.
  • Risque modéré (SCORE2 de 2 à 10 %) : LDL sous 100 mg/dL.
  • Risque faible (SCORE2 sous 2 %) : LDL sous 116 mg/dL.

Peuvent faire monter d'une catégorie : maladie cardiovasculaire précoce dans la famille, Lp(a) élevée, obésité, sédentarité, maladie inflammatoire chronique, ménopause précoce. La tension compte aussi : lisez notre article sur l'hypertension artérielle.

Hypercholestérolémie familiale : quand y penser ?

Cette maladie génétique touche environ une personne sur 200 à 250. Sans traitement, elle expose souvent à une maladie coronarienne avant 55 ans chez l'homme et 60 ans chez la femme. Parlez-en à votre médecin si :

  • votre LDL dépasse 190 mg/dL sans traitement ;
  • vous ou un proche avez eu une maladie cardiaque jeune ;
  • vous ou un proche avez des dépôts de cholestérol sur les tendons (xanthomes) ;
  • un proche a déjà ce diagnostic.

Le traitement commence tôt et les proches, enfants compris, sont dépistés.

Hygiène de vie : la base, mais un effet modeste sur le LDL

  • Remplacer les graisses saturées (beurre, charcuterie, fromages, pâtisseries) par l'huile d'olive ou de colza, les noix et le poisson.
  • Manger des fibres : 3 à 10 g par jour de bêta-glucanes (avoine, orge) baissent le LDL de 3 à 5 %.
  • Les aliments enrichis en phytostérols (2 g par jour) le baissent de 7 à 10 %.
  • Bouger 30 minutes par jour et, en cas de surpoids, perdre 5 à 10 % du poids améliorent surtout les triglycérides et le HDL.
  • Limiter alcool et boissons sucrées ; arrêter de fumer.

Les compléments alimentaires ne sont pas recommandés. La levure de riz rouge contient une statine naturelle en quantité variable : elle ne remplace pas le traitement et ne doit pas être associée à une statine.

Les médicaments : les statines d'abord

Les statines sont le premier choix : elles réduisent les infarctus, les AVC et la mortalité, avec peu d'effets indésirables graves. Elles baissent le LDL de 30 à 50 %, ou d'au moins 50 % à haute intensité. À faible risque, le gain absolu est petit : la décision se prend ensemble. Si la cible n'est pas atteinte ou si les statines ne sont pas tolérées :

  • l'ézétimibe ajoute 21 à 27 % de baisse du LDL à une statine ;
  • l'acide bempédoïque baisse le LDL d'environ 23 % seul et 18 % avec une statine ; il est recommandé si les statines ne peuvent pas être prises ;
  • d'autres traitements (inhibiteurs de la PCSK9, inclisiran) sont réservés à des situations précises, en général avec un avis spécialisé.

Effets indésirables des statines et effet nocebo

Les statines peuvent provoquer des douleurs musculaires ou une hausse souvent passagère des enzymes du foie, et augmentent légèrement le risque de diabète de type 2. Une atteinte musculaire grave (rhabdomyolyse) est rare : 1 à 3 cas pour 100 000 patients par an. Signalez toujours vos autres médicaments. Les statines sont déconseillées pendant la grossesse et l'allaitement.

Dans 19 essais en double aveugle (près de 124 000 participants), 27,1 % des personnes sous statine et 26,6 % sous placebo ont signalé des douleurs ou une faiblesse musculaires : plus de 90 % de ces plaintes n'étaient pas dues à la statine. Dans l'essai SAMSON, 60 personnes ayant arrêté leur statine à cause d'effets indésirables ont alterné statine, placebo et mois sans comprimé : 90 % des symptômes sous statine existaient aussi sous placebo. C'est l'« effet nocebo » : l'attente d'un effet indésirable suffit à le provoquer.

En cas de douleurs, n'arrêtez pas seul : parlez-en à votre médecin généraliste. Il peut faire une pause, doser les CK (enzyme musculaire), puis essayer une autre statine ou une dose plus faible. Signalez vite des douleurs intenses ou une faiblesse inhabituelle ; en dehors des heures d'ouverture, appelez le médecin de garde au 1733.

À quelle fréquence contrôler ?

  • Avant de traiter : en général deux bilans à 1 à 12 semaines d'intervalle, sauf risque très élevé.
  • Après le début ou un changement de traitement : contrôle après environ 8 semaines (4 à 12), jusqu'à la cible.
  • Cible atteinte : une fois par an.

Quand appeler le 112 ?

Douleur dans la poitrine, faiblesse d'un côté du corps ou difficulté à parler : appelez immédiatement le 112. Enfant ayant avalé des comprimés : Centre Antipoisons, 070 245 245. À la Maison Médicale Parc Astrid, à Bruxelles, nous fixons avec vous des objectifs réalistes.

Sources

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