Chute de cheveux en automne : normal ou pas ?
Plus de cheveux sur la brosse en automne ? Pourquoi c'est souvent passager, quels signes doivent alerter et quelles analyses votre médecin peut faire.

Septembre, octobre… et soudain, plus de cheveux sur la brosse, dans la douche ou sur l'oreiller. Les dermatologues connaissent bien ce phénomène : le plus souvent, cette chute est saisonnière, passagère, et les cheveux repoussent. Voici comment la reconnaître, quand consulter et ce que votre médecin peut vérifier.
Combien de cheveux perd-on normalement par jour ?
Perdre des cheveux chaque jour est normal : nous en perdons en moyenne 50 à 100 par jour, souvent sans nous en apercevoir. On parle de chute anormale quand on dépasse régulièrement 100 cheveux par jour.
Comment fonctionne le cycle du cheveu ?
Chaque cheveu vit sa vie, indépendamment de ses voisins, en trois phases : voilà pourquoi nous ne les perdons jamais tous en même temps.
- Phase 1 · anagèneLa croissanceLe cheveu pousse pendant plusieurs années, environ 4 ans en moyenne. C'est le cas de 85 à 90 % des cheveux.
- Phase 2 · catagèneLa transitionUne phase courte : la racine cesse de fabriquer le cheveu. Seuls quelques cheveux sont à ce stade.
- Phase 3 · télogèneLe repos, puis la chuteLe cheveu reste en place environ 3 mois, puis tombe et laisse la place à un nouveau cheveu. Environ 1 cheveu sur 10 est au repos.
Retenez ce délai : quand un événement fait passer d'un coup beaucoup de cheveux au repos, la chute ne se voit que 2 à 3 mois plus tard. C'est l'effluvium télogène : une chute diffuse, parfois impressionnante, mais en général réversible.
Pourquoi perd-on plus de cheveux en automne ?
Ce rythme saisonnier a été mesuré. Des dermatologues de Zurich ont analysé les cheveux de 823 femmes pendant 6 ans : la part de cheveux au repos était la plus élevée en été et la plus basse à la fin de l'hiver (Kunz et coll., 2009). Avec le délai de 3 mois, la chute devient plus visible à la fin de l'été et en automne. Autre indice : dans 8 pays, de 2004 à 2016, les recherches Google sur la chute de cheveux étaient plus nombreuses en été et en automne (Hsiang et coll., 2017). La cause exacte reste inconnue.
- ÉtéPlus de cheveux au reposLa part de cheveux en phase télogène atteint son maximum.
- Fin d'été et automneLa chute se voitEnviron 3 mois plus tard, ces cheveux tombent.
- HiverRetour au calmeLa chute ralentit ; la part de cheveux au repos est au plus bas à la fin de l'hiver.
À retenir
La chute saisonnière est diffuse (sur toute la tête, sans plaque), passagère (en général quelques semaines à quelques mois) et réversible : les cheveux repoussent, même si retrouver tout son volume peut prendre plusieurs mois.
Quand faut-il consulter ?
Une chute d'automne ne demande en général aucun traitement. Parlez-en toutefois à votre médecin si vous reconnaissez l'une de ces situations :
- une chute qui dure depuis plus de 3 mois, ou qui s'aggrave ;
- des plaques sans cheveux ;
- une raie qui s'élargit, le dessus de la tête qui s'éclaircit ou des cheveux qui s'affinent ;
- chez l'homme, des golfes qui se creusent ou le sommet du crâne qui se dégarnit ;
- un cuir chevelu qui démange, rougit ou se couvre de squames ;
- une grande fatigue, des règles abondantes ou une perte de poids rapide ;
- une grossesse, un accouchement récent ou un nouveau médicament ;
- ces derniers mois, une maladie avec fièvre (grippe, COVID…), une opération ou un gros stress.
Important
N'arrêtez jamais un traitement de vous-même : parlez-en d'abord à votre médecin. Vous prenez un complément « cheveux » ? Signalez-le avant une prise de sang : à forte dose, la biotine (vitamine B8) peut fausser certains résultats, dont ceux de la thyroïde.
Quelles sont les causes les plus fréquentes ?
La saison n'est pas la seule explication. Voici les pistes que votre médecin passe en revue.
| Piste | Ce qui met sur la voie | Ce que l'on vérifie |
|---|---|---|
| Chute saisonnière | Ce qui met sur la voie Fin d'été, automne ; chute diffuse ; vous allez bien | Ce que l'on vérifie L'examen, souvent rien de plus |
| Chute après un choc | Ce qui met sur la voie Fièvre, COVID, opération, accouchement, régime ou stress 2 à 3 mois avant | Ce que l'on vérifie Votre histoire récente |
| Manque de fer | Ce qui met sur la voie Fatigue, règles abondantes, alimentation pauvre en fer | Ce que l'on vérifie Hémogramme, ferritine |
| Thyroïde | Ce qui met sur la voie Fatigue, frilosité ou palpitations, variation de poids | Ce que l'on vérifie TSH |
| Calvitie héréditaire | Ce qui met sur la voie Raie qui s'élargit, golfes, cheveux plus fins | Ce que l'on vérifie L'examen du cuir chevelu |
| Pelade | Ce qui met sur la voie Plaques rondes ou ovales sans cheveux | Ce que l'on vérifie L'examen, un avis spécialisé si besoin |
| Cuir chevelu irrité | Ce qui met sur la voie Démangeaisons, rougeurs, squames | Ce que l'on vérifie L'examen, parfois un prélèvement |
Le fer : un manque fréquent et facile à vérifier
Le rôle du fer dans la chute de cheveux est encore discuté, mais un manque se vérifie par une prise de sang (hémogramme et ferritine, reflet des réserves) et se corrige. La ferritine monte en cas d'infection ou d'inflammation : un résultat « normal » n'exclut donc pas toujours un manque.
La thyroïde
Une thyroïde trop lente ou trop active peut entraîner une chute diffuse. Le premier examen est le dosage de la TSH, l'hormone qui pilote la thyroïde (voir notre article sur l'hypothyroïdie).
Vitamines et compléments : avec prudence
Des taux bas de vitamine D ou de zinc sont parfois retrouvés en cas de chute de cheveux, mais on ne sait pas s'ils en sont la cause, et les preuves qu'un supplément fasse repousser les cheveux restent faibles. Votre médecin ne les dose que si votre situation le justifie. Sans carence prouvée, fer, vitamines et compléments « cheveux » sont en général inutiles (voir aussi notre article sur la vitamine D en hiver).
La calvitie héréditaire (alopécie androgénétique)
C'est la cause la plus fréquente de perte de cheveux durable, chez l'homme comme chez la femme : les cheveux s'affinent peu à peu. Chez l'homme, les tempes (les « golfes ») puis le sommet du crâne se dégarnissent ; chez la femme, le dessus de la tête s'éclaircit et la raie s'élargit. Des traitements existent (minoxidil en lotion ou en mousse, finastéride chez l'homme) : ils agissent mieux commencés tôt, et seulement tant qu'on les utilise.
La pelade et les maladies du cuir chevelu
Dans la pelade, les cheveux repoussent souvent d'eux-mêmes en quelques mois, mais un avis médical est utile. Démangeaisons et squames évoquent une dermite séborrhéique, un psoriasis ou une teigne (une mycose, soignée par un traitement à avaler).
Que peut faire la maison médicale pour vous ?
À la Maison Médicale Parc Astrid, à Anderlecht, votre médecin généraliste cherche avec vous la cause de votre chute de cheveux, en français, en néerlandais, en anglais ou en turc.
- Les bonnes questions. Depuis quand ? Partout ou par endroits ? Que s'est-il passé dans les 3 mois précédents ? Vos règles, votre alimentation, des cas dans la famille.
- L'examen du cuir chevelu. Répartition de la chute, plaques, rougeurs, squames, finesse des cheveux.
- Le test de traction. Le médecin prend une petite mèche d'une cinquantaine de cheveux et tire doucement. S'il en vient plus de quelques-uns (en pratique plus de 4 à 6), la chute est active. C'est rapide et indolore.
- Une prise de sang, si elle est utile. Il n'existe pas de « bilan cheveux » systématique : les analyses sont choisies selon vos réponses et l'examen. Le plus souvent, hémogramme, ferritine et TSH ; selon votre situation, vitamine D, zinc, vitamine B12 ou folates. Notre équipe de soins infirmiers réalise la prise de sang au cabinet ou à domicile, avec acheminement vers le laboratoire.
- Les résultats expliqués, et le suivi. Votre médecin vous explique les résultats, traite la cause s'il y en a une, propose un contrôle et, si nécessaire, demande l'avis d'un dermatologue.
Pour les patients inscrits : pas de paiement à la consultation ; la mutualité verse un forfait mensuel à la maison médicale (voir comment fonctionne le forfait). Vous n'êtes pas encore inscrit ? Consultez la page nouveau patient.
Et le PRP pour les cheveux ?
Le PRP, ou plasma riche en plaquettes, consiste à prélever un peu de votre sang, à le centrifuger pour concentrer les plaquettes, puis à injecter ce plasma dans le cuir chevelu. Il a surtout été étudié dans la calvitie héréditaire. Les synthèses d'études récentes montrent en moyenne un gain de densité des cheveux, mais avec des résultats très variables d'une étude à l'autre, des protocoles non standardisés (préparation, nombre de séances, suivi) et un niveau de preuve jugé faible.
Surtout, le PRP n'est pas un traitement de la chute saisonnière : celle-ci se calme d'elle-même et les cheveux repoussent sans traitement. Devant une chute de cheveux, on commence toujours par en chercher la cause.
Le Dr Selim Zengin, médecin généraliste à la maison médicale, pratique aussi la médecine esthétique du cuir chevelu, dont le PRP, dans une structure distincte et hors forfait : Zen. Médecine Esthétique.
Sources
- Kunz M. et coll. – Seasonality of hair shedding in healthy women complaining of hair loss, Dermatology (2009)
- Hsiang E. Y. et coll. – Seasonality of hair loss: a time series analysis of Google Trends data 2004–2016, British Journal of Dermatology (2017)
- Hughes E. C. et coll. – Telogen Effluvium, StatPearls (mise à jour 2024)
- Phillips T. G. et coll. – Hair loss: common causes and treatment, American Family Physician (2017)
- American Academy of Dermatology – Do you have hair loss or hair shedding? (consulté en 2026)
- Gezondheid en Wetenschap – Haaruitval (2026)
- Kieling L. et coll. – Is autologous platelet-rich plasma capable of increasing hair density in patients with androgenic alopecia? A systematic review and meta-analysis of randomized clinical trials, Anais Brasileiros de Dermatologia (2024)
- Georgiadis J. et coll. – Platelet-rich plasma for androgenic alopecia, American Family Physician (2022)